Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

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Nutello
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Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 10:59

Bonjour,

Je me pose la question des interprétations qui peuvent être faites d’un récit.
Jusqu’où peut-on aller avant de déraper ?

Exemple :


LA GRANDE ODYSSÉE

Scénarios de Cristian Zentilini, dessins de Wyeth (= Paolo Morisi – info : G Thomassian)

Antarès n° 5 à 14 (février à novembre 1979)

Et la Terre fut (34 p)
L'étrange Rexa (20 p)
Le cercueil de cristal (20 p)
Un monde condamné (20 p)
Les pirates de l'espace (20 p)
Le monstre (20 p)
Horus (20 p)
La planète des condamnés (2 épisodes 34 p)
Échec et mat (2 épisodes 34 p)
Le gardien de la galaxie (20 p)

Odyssée2.jpg
Odyssée2.jpg (13.35 Kio) Vu 2002 fois
La grande odyssée

Cristian Zentilini et Wyeth proposent le thème de l'arche stellaire emportant dans ses flancs les derniers humains vers un monde d'adoption. Le principe est celui de la catastrophe anéantissant la Terre, dont une partie de la population prend place à bord du vaisseau tentant cet ultime recours pour préserver l'espèce.

En 2200, quand une comète est sur le point de heurter la Terre, deux mille personnes sont sélectionnées pour faire partie de la grande exode à bord du vaisseau « Ulysse » à destination d'une planète d'accueil.
« Et la terre fut » annonce le titre du premier chapitre (Antarès n°5).
Chaque nouvel épisode amène l'astronef et ses occupants à proximité d'une planète inconnue, et les voyageurs la visitent pour vérifier s'il y règne ou non des conditions de vie qui leur soient favorables. Un péril les y attend indéfectiblement.

Une première étape les confronte à un peuple d'apparence humaine, mais dont la durée de vie n'excède pas cinq à six semaines.
Amenant une femme de ce monde à bord de leur vaisseau afin de l'étudier, les terriens ignorent qu'ils font ainsi entrer une vampire qui, pour arrêter son vieillissement, absorbe « l'énergie vitale » des hommes qu'elle séduit. Elle est « L'étrange Rexa » (n° 6).

Dans « Le cercueil de cristal », un généticien s'est autrefois exilé sur une autre planète pour y créer artificiellement une humanité parfaite. Le fruit de ses expériences, un groupe d'humains idéaux, est parti vers la Terre pour y « régénérer » l'humanité.
Quand l'homme voit venir les émigrants, il pense que ce sont les descendants de ses créatures. Il découvre son erreur : ceux qu'il nomme ses « enfants » n'ont jamais atteint leur destination, s'étant vraisemblablement égarés dans l'espace. Avant de mourir, il charge les habitants de l'arche de rechercher les sujets parfaits qu'il a façonnés (n° 7).

Les voyageurs découvrent ensuite sur une planète désolée, l'existence d'un être géant à tête de faucon, Horus, vivant dans un vaisseau spatial pyramidal.
C'est lui qui, s'étant posé sur terre cinq mille ans plus tôt, a été considéré comme un dieu par les anciens Égyptiens. Il est le gardien de cette partie de la galaxie, veillant à ce qu'aucun envahisseur n'y pénètre. Absorbant « l'énergie vitale » des créatures qui l'approche, il se prépare à un combat redoutable contre son adversaire légendaire, Seth.
Cet épisode est très proche de l'univers de Jeff Hawke (n° 11).

Une autre étape conduit les explorateurs sur un monde dont les habitants, parvenus à un haut niveau technologique, et ainsi délivrés des tâches matérielles, décident de créer un brouillard stupéfiant qui les délivre de toute préoccupation existentielle, et principalement de la peur de la mort.
Le protagoniste du récit délivre ses compagnons, hypnotisés par le brouillard, mais se refuse à en priver les occupants de cette planète, respectant leur choix (n° 12).

Dans un épisode suivant, l'un des personnages rencontre un être immatériel qui lui apparaît sous la forme d'une femme sublime pour tenter de le « captiver » et s'emparer de son énergie.
Ce thème n'est pas sans évoquer le récit antérieur « L'étrange Rexa » et plus encore la nouvelle « Shambleau » de Catherine L. Moore (n° 13).

Enfin le dernier chapitre présente un autre gardien qui, de la même manière qu'Horus, protège une partie de la galaxie contre toute intrusion étrangère.
C'est ainsi que, cerveau gigantesque pourvu de capacités cérébrales exceptionnelles, il abuse par des projections mentales les terriens et les obligent à s'entre-tuer (n° 14).

Les autres épisodes sont classiques, faisant intervenir humanité sauvage (n° 8), pirates de l'espace (n° 9), monstre octopoïde (n° 10), astéroïde prison (n° 12, 2nd récit), partie d'échec géante (n° 13).


Ce space opera est méconnu. Il s'approche pourtant, par ses thématiques, de Jeff Hawke de Sydney Jordan, Eric Souster et William Patterson.
Notons aussi que le graphisme de Wyeth est plus qu'honorable, et se distingue, avec celui d’Ongaro, parmi les récits du début de la revue Antarès.
Modifié en dernier par Nutello le sam. 03 déc. 2016, 10:50, modifié 6 fois.

Nutello
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 11:00

Odyssée1.jpg
Le space opera, avec ses fonds noirs de ciel d'encre, ses planètes disséminées, ses nefs fuselées métalliques, ses points brillants d'étoiles lointaines, offre au regard un cadre privilégié, une esthétique notable.

Dans les parties montrant le vide cosmique, le repère fondamental de tout paysage terrestre, la ligne d'horizon séparant terre et ciel, en est absent, pour laisser la place à un espace sans référence ni de haut ni de bas, ni de limite ni de borne dans aucune direction, seulement un fond uni sur lequel se détachent – on pourrait dire : s'éclairent – quelques éléments primordiaux.
Je suggère un parallèle avec les univers « extra-dimensionnels » du Doctor Strange de Steve Ditko où, de la même manière, pour créer un sentiment d'étrangeté, la ligne d'horizon est là aussi abolie pour définir un vide sans « lointain » où flottent des éléments de décor proches, ainsi des parcelles de sol rectangulaires ou elliptiques pour permettre aux personnages d'y être « posés ».
Toutefois, l’atterrissage des astronautes sur chaque nouveau monde planétaire réintroduit la référence de la ligne d’horizon entre sol et ciel, en quelque sorte un retour à nos habitudes de perception terrestre.

Il me paraît vraisemblable que la spécificité du space opera réside ainsi moins dans la nature de ses intrigues que dans celle de son décor.
Sans doute de nombreux space opera – tous ? – pourraient-ils être transposés en récits se déroulant sur Terre. En remplaçant les autres planètes par des régions reculées ou des îles inconnues, les populations, pirates, dictateurs et monstres de l'espace par des équivalents terrestres, les trous noirs attirant les astronefs par des maelstroms aspirant les navires, leurs intrigues ne connaîtraient guère de changements fondamentaux dans une telle opération.
Pour le dire autrement, bien des récits de BD de science-fiction pourraient-ils sans doute être considérés comme de purs transferts, dans un décor « spatial », d'autres récits dits « de genre », westerns, péplums, contes fantastiques, policiers, récits de navigation, de safari, de jungle et d'exploration, etc.
Une question pourrait même être de savoir s'il existe des intrigues spécifiques au space opera, ne pouvant être exploitées sous d'autres formes.
Il en serait de même avec La grande odyssée. Le choix du nom « Ulysse » pour baptiser l’arche et le recours au terme « Odyssée » dans le titre, et donc ces deux allusions à un écrit classique, indiqueraient clairement une correspondance autant qu'une filiation.
Modifié en dernier par Nutello le mer. 09 nov. 2016, 11:29, modifié 3 fois.

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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 11:03

Un épisode particulièrement riche en symboles présente une démarche originale, « Horus » (n° 11).
Un extra-terrestre nommé Horus, que les Égyptiens anciens ont déifié, est un gardien veillant à la sécurité d'une assemblée de planètes, en particulier en s'opposant à une autre entité, destructrice celle-là, Seth.

Se pose là le sempiternel conflit, ou l’affrontement du chevalier et du malfrat, le combat du « Bien » et du « Mal » comme on le désigne, ressort dramaturgique par excellence, source première de bien des intrigues de récits.
Mais ici, précisément, le scénariste Cristian Zentilini a su éviter l’écueil des stéréotypes, et tourner finement l’écriture de son scénario pour développer un point de vue très particulier.

Car l’auteur présente cet être, Horus, protecteur de ses semblables, donc bénéfique, comme devant absorber, pour entretenir son existence, l'« énergie » des formes de vie qui s'approchent de lui, quelles que soient les circonstances ou leurs intentions, volontairement ou par hasard.
Posé sur la terre il y a 5 000 ans, il a ainsi causé la mort de nombreux Égyptiens. Il met de la même façon en péril la vie des explorateurs du récit, en provoquant leur rapide vieillissement. Il ne peut contrevenir à cette fatalité à laquelle il est soumis, funeste pour d'autres êtres.
« Bien » et « mal » ne sont pas dissociables et cohabitent chez le même sujet. Séparer bons et mauvais aspects en deux entités distinctes, ainsi Horus et son adversaire Seth, est illusoire, car Horus lui-même est porteur des deux caractères, bénéfique et maléfique à la fois. « C'est hélas ma condamnation. Tirer mon énergie, justement, des vies que je dois protéger » reconnaît-il (p. 65).
Cet aspect destructeur de l’entité est annoncé par l’auteur dès le début du récit par l’aspect aride de la planète où vit Horus, « une mer grise de désolation » (p. 52). « Même les arbres sont desséchés – C’est comme si un souffle de mort avait tout balayé. »

Le fait que Horus absorbe « l'énergie » des êtres vivants qui l'approchent, par conséquent le fait que, de par sa propre existence, cet être commette des destructions alors qu’il a dans le même temps pour mission d'empêcher des destructions, pourrait, de façon symbolique, indiquer deux éléments :
d’une part le fait que tout être vivant est fatalement un destructeur, nuisant à son environnement en y puisant des ressources ;
d’autre part le fait que tout sujet, si respectueux de la vie soit-il, privilégie toujours la sienne et celle de ses proches et semblables au détriment de celle des groupes, animaux mais aussi humains, plus éloignés, ce que l’on nomme « égoïsme familial ».
Remarquons que précisément l’auteur n'a pas représenté dans le récit son adversaire Seth, attirant de manière privilégiée l'attention sur le « mal » intérieur que Horus porte en lui, faisant de lui une entité ambivalente, plutôt que sur un « mal » extérieur, séparé, monovalent, matérialisé par un autre être.


Le thème de « Horus » est repris dans une variante, « Le gardien de la galaxie » (n° 14).
Les terriens rencontrent un autre gardien, à l'aspect d'un gigantesque cerveau, lui aussi chargé de protéger des systèmes planétaires.
Mais cette fois cet être n'a pas pour adversaire une autre entité menaçante. Ce sont les terriens eux-mêmes qu'il assimile à une intrusion. C'est contre eux qu'il déchaîne ses pouvoirs mentaux en les obligeant à s'entre-tuer.
Est reposée la problématique de l'ambivalence. Par identification, le lecteur considère les explorateurs venus de la Terre comme représentant le « bien ». Et même comme des victimes, puisqu’ils ont fui un désastre ayant anéanti le reste de l’humanité.
Mais pour cette entité, ils figurent le « mal ». Pour cet encéphale géant, c’est ce qu'il a pour mission de protéger, cette partie de l’univers, qui constituent la référence ; et ce sont les personnages du vaisseau qui composent un groupe extérieur, un clan intrusif, n’entrant donc pas dans son « égoïsme de clan » et au contraire s’y opposant.
Pour assurer le « bien », sauvegarder les planètes proches, le gardien doit éliminer les terriens, ce qui constitue le « mal » pour ces mêmes terriens. De leur côté, ceux-ci, croyant faire le « bien » en détruisant cet être manifestement agressif, font le « mal » puisqu'ils font disparaître une entité protectrice et mettent ainsi en péril d'autres peuples.

Avec « Horus » et « Le gardien de la galaxie » (n° 11 et 14), le scénariste Cristian Zentilini aborde donc à deux reprises et de front la complexe notion d'ambivalence. Pas mal, pour des scénarios de « petits formats ».


De façon plus naïve, la thématique du conflit « Bien » - « Mal » revient dans un épisode ultérieur « Échec et mat », avec la métaphore du jeu d'échec, en taille humaine, de deux dieux, Éros et Thanatos, affrontement du camp « blanc » porteur de clarté et du camp « noir » et son obscurité (n° 13).
Et l'idée de l'être qui, malgré lui, cause des torts à son entourage est traduite une nouvelle fois dans l’épisode suivant (n° 13, 2nd récit). Un explorateur a contracté un virus lors d'une mission et, de retour au vaisseau-mère, il provoque la mort des femmes environnantes.
odyssée4a.jpg
Modifié en dernier par Nutello le mer. 09 nov. 2016, 11:43, modifié 6 fois.

Nutello
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 11:04

odyssée5a.jpg
L'épisode « La planète des condamnés » apporte un autre sujet (n° 12).

Les astronautes terriens parviennent sur un monde baignant dans un brouillard artificiel hypnotique et dont la population vit dès lors dans une forme d’insouciance passive uniquement tournée vers le bien-être.
Explorant une bibliothèque, l’un des personnages met en route une banque de données qui explique :
« La population a atteint un très haut niveau de civilisation. Grâce aux machines toujours plus complexes, tout effort physique a été supprimé. Ainsi la population peut se consacrer entièrement à ses occupations préférées. » Le dessin accompagnant ce commentaire montre des activités artistiques et sportives (p. 56).
« Cependant, en même temps que le développement culturel et artistique, crut aussi le boum du matérialisme. Ainsi se développa chez le peuple l'envie de vivre, de s'accrocher aux choses terrestres, par peur de la mort. Pour vaincre ce phénomène, on étudia une formule chimique qui permit la fabrication d'un brouillard hypnotique, qui recouvrit la planète. Agissant sur la vie de chacun, il leur faisait oublier tout problème d'existence. La population se libéra ainsi de la crainte de la mort, s'abandonnant aux simples joies terrestres » explique encore le texte. « C'est monstrueux » pense le personnage terrien (p. 57).

Je ne peux m’empêcher de penser à Pascal :
« Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser. (...) Quand après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en découvrir les raisons, j'ai trouvé qu'il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près. (...) De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement. (...) Ils ne recherchent qu'une occupation violente et impétueuse qui les détourne de penser à soi, et c'est pour cela qu'ils se proposent un objet attirant qui les charme et les attire avec ardeur. (...) Ils ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l'occupation du dehors, qui vient du ressentiment de leurs misères continuelles. (...) Et quand on se verrait même assez à l'abri de toutes parts, l'ennui, de son autorité privée, ne laisserait pas de sortir du fond du cœur où il a des racines naturelles, et de remplir l'esprit de son venin. Ainsi l'homme est si malheureux qu'il s'ennuierait même sans aucune cause d'ennui par l'état propre de sa complexion. (...) Qu'on en fasse l'épreuve, qu'on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l'esprit, sans compagnies, penser à lui tout à loisir, et l'on verra qu'un roi sans divertissement est un homme plein de misères. (...) Que le cœur de l'homme est creux et plein d'ordure ! » (Extraits des Fragments n° 124, 126, 127 et 129 du chapitre « Divertissement » des Pensées, édition Folio).


La préoccupation du travail serait donc une toxicomanie, et en être libéré impliquerait de s'en choisir une autre, en l'occurrence un « brouillard hypnotique ». Tel serait le propos.

Il me semble que le scénariste aurait peut-être commis une confusion entre « technique » et « savoir ».
Si le récit mentionne ainsi « un très haut niveau de civilisation » dans un sens technologique qui aurait permis de supprimer « tout effort physique », en revanche il n’aborde pas la question de l’accroissement de la connaissance et de l’effort intellectuel qui y est lié. Que ce peuple ait résolu, entre autres questions fondamentales, celles du fonctionnement de l'encéphale et de l'origine de la pensée, rien n'en est dit.
Ainsi, si cette civilisation a atteint un si haut niveau de développement technologique, il serait étonnant qu'elle n'ait pas progressé d’autant dans la connaissance des processus cérébraux ; et en particulier n’ait résolu sans équivoque la question de l’origine de la crainte de la mort dans le cortex cérébral.
Sinon, cela signifierait qu’il resterait pour cette civilisation des problèmes à résoudre, du moins pour une minorité scientifique ; il y aurait par conséquent encore du travail à fournir, ce qui serait peut-être compatible avec l’hypothèse de départ de la suppression de « tout effort physique » mais pas de celle de supprimer tout effort en général. Connaître la raison de la peur de la mort pourrait impliquer d'atteindre un « encore plus haut niveau de civilisation ».

Le scénariste se révélerait donc pascalien et insinuerait de fait que la crainte de la mort est intrinsèquement liée à la condition humaine, et que, même éclairée par une parfaite connaissance du fonctionnement mental, ne pourrait trouver d’échappatoire que le « divertissement » toujours au sens de Pascal.
Ou peut-être se serait-il emmêlé dans des spéculations sensiblement complexes qu'il n’aurait peut-être pas entièrement maîtrisées.
Il a posé en tout cas un jugement de valeur. Le titre qualifie de « condamnés » les habitants de ce monde ; « C'est monstrueux » pense le terrien quand il découvre la vérité.
Le personnage toutefois n'intervient pas dans les affaires de ce peuple. Quand on lui demande : « Pourquoi n'as-tu pas détruit la machine qui produit le brouillard hypnotisant ? », il répond : « Ces êtres ont fait leur choix, discutable bien sûr. Mais nous n'avions pas le droit d'intervenir dans leurs décisions » (p. 62).
Prudence du scénariste, qui garde en définitive une position médiane ?
Cristian Zentilini a du moins eu le mérite d'avoir posé une question intéressante et guère présente dans la BD :
est-ce la peur de la mort qui pousse à agir et à avoir « envie de vivre » ?
Modifié en dernier par Nutello le mer. 09 nov. 2016, 11:51, modifié 5 fois.

Nutello
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 11:06

Devant de telles thématiques, et certaines autres moins évidentes mais sans doute présentes néanmoins, la question m’est venue de savoir s’il était possible d’y chercher certaines significations psychologiques.
Ou encore, de savoir dans quelle mesure une BD est susceptible de rendre compte de la réalité psychologique du jeune lecteur qui s’y intéresse.

Et aussi :
Jusqu’où une analyse de texte peut-elle aller avant de déraper ?
Prudence : le risque est grand, en effet, de tomber dans de la psychologie de bazar…
Pourtant l’exercice, ici, est tentant … Certains symboles paraissent singulièrement hurlants…


Comme bien des récits de sa catégorie, La grande odyssée relève de la plus totale irréalité.

Récit se déroulant dans l’espace, il n'y est pourtant nullement fait mention d'astronomie, de réflexions sur les corps stellaires, étoiles et galaxies, les processus physiques et physiologiques.
La vie est présentée existant d'emblée sur chaque planète, comme une donnée évidente, et cette vie est nécessairement intelligente et d'apparence humaine, dans un déni de toute plausibilité.
Il n'y est donc pas fait état de science mais seulement de fiction, et cette fiction paraît être avant tout l'expression d'affects et de préoccupations humaines très élémentaires. La grande odyssée traite avant tout de quête, de découvertes, de conflits, de « bien », de « mal », et autres symboliques usuelles.


Par conséquent je me pose la question de savoir dans quelle mesure un récit d'aventure, de fantastique, de science-fiction, peut être considéré comme le reflet de préoccupations de l’adolescent qui lit son fascicule – souvenirs de son passé, situations au présent, craintes quant à son avenir – liées à ses interrogations et ses désirs.
Dans quelle mesure peut-on soulever des correspondances entre vécu des personnages et vécu de l’adolescent lecteur ?
Dans quelle mesure l’irréalité du récit est-elle susceptible d’exprimer une certaine réalité du lecteur ?
Et aussi : dans quelle mesure ces questions sont-elles légitimes et présentent-elles de l’intérêt ?


Certains parallèles sont-ils envisageables ?

Par exemple :
L’idée de rapprocher cette vision de l’espace avec son vaste champ de possibilités multiples, et l’avenir du jeune lecteur.
L’idée de rapprocher dans leur signification les épreuves rencontrées par les personnages sur les mondes explorés, et les éventuelles difficultés qui attendent le lecteur dans sa vie future.
L’idée de rapprocher l’envol de l’arche depuis la Terre et le futur départ de l’adolescent depuis le logis parental.
De tels rapprochements sont-ils légitimes ?

Comment expliquer l’intérêt d’un adolescent pour des récits irréels si ce n’est parce qu’ils lui parleraient toutefois, d’une certaine manière, de sa vie réelle ?
odyssée6a.jpg
Modifié en dernier par Nutello le mer. 09 nov. 2016, 11:19, modifié 1 fois.

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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 11:07

Je tente.

Les auteurs montrent des terriens prenant place à bord de l'arche spatiale afin de parcourir l'univers à la recherche d'un endroit où s'établir. Est-ce que ce vaisseau spatial ne serait pas un premier rappel à l’adolescent lecteur, celui de la demeure familiale et de quelques lieux clos annexes privilégiés, école, maisons de proches et autres lieux de rencontres ? Les personnages principaux du récit figureraient-ils les personnes intimes de son vécu – famille, amis ?
Les planètes visitées se montrent semblables à la terre, avec une atmosphère respirable, bien différentes de ce que l'on connaît des autres planètes du système solaire, et habitées de populations similaires aux terriens. Les personnages ne s'étonnent jamais d'ailleurs de rencontrer tant d'autres êtres à leur parfaite ressemblance. Le lecteur non plus, par conséquent.
Le jeune lecteur est à l’âge où, émergeant depuis peu du flou mental de l'enfance, il est à la découverte d’un monde qui l'entoure, et de son propre être, ses sentiments en plein surgissement dont il sent naître la présence en lui, et aussi ses aspirations quant à sa vie à venir. Est-il légitime de se demander si l'exploration de mondes étranges et nouveaux dans le récit pourrait figurer de façon allégorique son devenir, et si les épreuves vécues par les protagonistes pourraient représenter les situations que l'adolescent doit affronter au cours de son mûrissement psychologique ?
Dans La grande odyssée, espace et autres mondes symbolisent-ils avenir et devenir ? L'autre planète est-elle une expression des lendemains ?

Auquel cas, les personnages glissent dans l'étendue du vide comme l'adolescent se sentirait happé par l'ampleur des possibilités de son environnement et son futur.
Tandis que les personnages à bord de leur vaisseau s'enfoncent dans le concave, l'abîme, l’univers, l’inconnu, le jeune lecteur pénètrerait dans la traduction graphique de son ignorance de l'ailleurs. Là-bas, dans l'univers béant, les explorateurs du cosmos seraient éventuellement susceptibles de découvrir ce qui s’est déroulé mais aussi ce qui a fait défaut dans le vécu passé et présent de l'adolescent, et ce qu'il attendrait de son avenir. À chaque épisode correspond un monde à visiter, serait-il un simulacre d’une expérience à vivre pour l'adolescent dans sa découverte progressive de l'âge adulte et de la réalité ? Chacun des autres mondes serait-il apte à exprimer une déception passée, un manque présent, une attente du futur, une interrogation ?
Les voyageurs de l'espace ne cessent d’être confrontés à des pièges et embûches. Les déconvenues de la vie « véritable », passées, présentes, futures, seraient-elles évoquées par ces agressions fictives perpétrées par des éléments et des personnages hostiles imaginaires dans le contexte inoffensif d'une lecture de fascicule de bandes dessinées ?
Le fait que les autres mondes soient « au loin », que les personnages visitant l'espace en s'éloignant de leur point d'origine, indiquerait-il que ce serait en quittant lui aussi son lieu d’enfance que, dans sa vie ultérieure, le jeune adulte deviendrait progressivement indépendant et devrait affronter, désormais seul, ses difficultés ?
Modifié en dernier par Nutello le mer. 09 nov. 2016, 11:53, modifié 1 fois.

Nutello
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 11:07

Ainsi :
La première confrontation avec l'ailleurs est celle avec une femme qui révèle une nature dangereuse, « L'étrange Rexa » (n° 6). Est-ce porteur de sens ? Le trouble du garçon adolescent devant le premier face-à-face intime, espéré et redouté, potentiellement porteur de dépit et de blessure, était-il ici exprimé ?
Un épisode ultérieur, « La planète des condamnés », pose de nouveau le thème de la rencontre également dans des circonstances dramatiques (n° 12). « Il y a quelque chose qui ne va pas… Je sens que nous sommes en danger » déclare un personnage masculin en voyant s'approcher de lui une jeune danseuse pourtant bien attirante (p. 53).
Dans un autre épisode encore, un des passagers du vaisseau fait la connaissance d'une femme idéalisée qui cherche à le retenir. Elle est en vérité une force désincarnée qui a pris cette apparence pour le séduire, et lui prélever son « énergie » (n° 13, 2nd récit).

Et aussi :
La présentation du personnage ambivalent Horus, à la fois bénéfique et maléfique, et de plus en conflit contre un personnage malfaisant (n° 11), représente-t-elle les interrogations, conscientes et inconscientes, que l'adolescent ne peut manquer d’avoir sur l'existence de la souffrance et de la cruauté qu'il observe autour de lui, qu'il peut éventuellement subir, dont il peut également être responsable par l'intermédiaire de pulsions négatives qu'il peut ressentir en lui, dont il ignore l'origine et qu'il ne parvient pas toujours à maîtriser, qu'il libère contre son entourage parfois ?
S’agirait-il d’une nécessité, pour le jeune lecteur, de voir donner une figuration à ces forces néfastes à travers des récits mettant en scène des conflits de divers genres ? La mythologie du combat entre « Bien » et « Mal », si présente dans tant de récits, naîtrait-elle de là, liant intimement les notions de « mal » et de « conflit » et les traduisant dans des figures variées ?

Et encore :
Dans le chapitre « Le cercueil de cristal », les personnages découvrent un généticien qui a créé une autre humanité (n° 7). L'interrogation sur l'origine est-elle ainsi évoquée ?
La question de l'origine de l'être est-elle ainsi posée de façon symbolique, avec une réponse palliative ? Durant de nombreuses années, l’enfant se demande : « D'où viennent les enfants ? », ce qui signifierait : « D'où je viens ? ». Et souvent, l’enfant ne s'est pas entendu répondre de manière satisfaisante par ses parents. Ce manque éventuel a-t-il laissé des traces dans la psychologie de certains, qui seraient ici exprimées ?


Tout cela est très hasardeux. De telles spéculations sont contestables. Quand on aborde certains sentiers, la prudence est de mise.

Et je me repose l’interrogation :

Que peut-on dire à propos du ou des sens d’une BD, d’une narration ?

Jusqu’où peut-on aller dans de telles voies ?

J.J.I.
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par J.J.I. » mer. 09 nov. 2016, 11:11

Beau sujet , encore :pouce: :prie:
parti voir ailleurs si...

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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Database » mer. 09 nov. 2016, 11:30

Petites infos :

Le premier épisode ferait 34 pages et non 20.
L'histoire (Italienne) a été publiée dans Corrier Boy, publication qui a suivi le Corriere dei ragazzi, par le groupe Corriere della sera (donc à ne pas lire le matin).
Le format Italien est passé de 173x239 à 200x260, soit plus grand que le français. Un remontage a sans doute été fait ... Avec ou sans charcutage ???

Aucun amateur de football n'a lu les premiers épisodes en entier !
En effet, l'épisode était à cheval sur les pages centrales de la revue ou figuraient des planches de vignettes football (205 en tout).
Faut-il pour cela en déduire que Nutello n'aimait pas le foot ? Je m'en garderai. :wink:

Les détails technique viennent du EPierre, gros bdm italien de Gianni Bono.

Nutello
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 11:58

Database a écrit :Petites infos :

Le premier épisode ferait 34 pages et non 20.
Merci Database d'avoir, une nouvelle fois, relevé une de mes erreurs. J'ai corrigé.
(Merci pour l'emploi du conditionnel : "ferait 34 pages" et non "fait 34 pages". Délicate attention...)

Merci pour les informations supplémentaires.

Petite précision entre nous : j'exècre le football, nouvel opium des peuples.
Modifié en dernier par Nutello le sam. 03 déc. 2016, 15:30, modifié 1 fois.

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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par mario » mer. 09 nov. 2016, 12:21

Analyses toujours intéressantes. Bravo!

C'est vrai que le space opera n'est qu'une transposition "hors-terrestre" des bons vieux récits de toujours.

C'est un peu dommage. Si on prenait au sérieux le voyage inter-stellaire, cela pourrait donner vie à des histoires vraiment originales. Sachant que ces voyages dureraient des milliers d'années, il faudrait raconter comment les générations de voyageurs se succéderaient, comment elles évolueraient biologiquement, s'adaptant à des conditions de vie non terrestres (comme l'absence de pesanteur), comment elles se métamorphoseraient, donnant naissance d'autres espèces, comment elles parviendraient (ou pas, l'échec est un bon sujet de récit) à s'adapter aux conditions de vie d'une autre planète.

Ce genre de récit serait complexe, probablement non linéaire, probablement pas adapté à la BD. J'ignore s'il a été abordé par la littérature SF.

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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » mer. 09 nov. 2016, 12:39

mario a écrit :J'ignore s'il a été abordé par la littérature SF.
Il y a ce grand classique :
vogt.jpg
vogt.jpg (15.78 Kio) Vu 1971 fois
vogt2.jpg
http://www.babelio.com/livres/Van-Vogt- ... rre/409010
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pour_une_autre_Terre


Et puis il y a ça (pour ceux qui aiment... :D) :
druu.jpg
http://www.druuna.net/

Jean-Louis
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Jean-Louis » mer. 09 nov. 2016, 14:47

Nutello a écrit : Par conséquent je me pose la question de savoir dans quelle mesure un récit d'aventure, de fantastique, de science-fiction, peut être considéré comme le reflet de préoccupations de l’adolescent qui lit son fascicule – souvenirs de son passé, situations au présent, craintes quant à son avenir – liées à ses interrogations et ses désirs.
Dans quelle mesure peut-on soulever des correspondances entre vécu des personnages et vécu de l’adolescent lecteur ?
Dans quelle mesure l’irréalité du récit est-elle susceptible d’exprimer une certaine réalité du lecteur ?
Et aussi : dans quelle mesure ces questions sont-elles légitimes et présentent-elles de l’intérêt ?
Je crois que les termes qui caractérisent le mieux ce genre de récits, et plus particulièrement le domaine de la science-fiction, c'est 'littérature d'évasion'.
Un ado recherche des histoires qui stimulent son imagination, avec des héros qui savent se tirer de situations difficiles, auxquels il puisse s'identifier.
Ce n'est pas sa vie réelle qu'il souhaite retrouver, mais une vie fantasmée et extraordinaire, qui flatte son ego, par procuration.

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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par nano » mer. 09 nov. 2016, 17:13

En tout cas le moins que l'on puisse dire est que Nutello donne envie de lire du PF.
Alors une question m'étreint.
L’œuvre offre t'elle autant de relief ou est elle magnifié par Nutello qui la transcende?
Dans ce 2eme cas, Nutello n'est il pas le chaînon manquant du PF qui aurait permis d'éviter la chute?
Quelques lectures s'imposent.
Merci
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Tovenaar » mer. 09 nov. 2016, 23:31

mario a écrit :Ce genre de récit serait complexe, probablement non linéaire, probablement pas adapté à la BD. J'ignore s'il a été abordé par la littérature SF.
Un sujet plus que classique de la SF littéraire : les "Arches stellaires".

Exemples :
  • Pour une autre Terre (A. E. Van Vogt)
  • Croisière sans escale (Brian W. Aldiss)
  • Survivants des Arches Stellaires (Recueil) (Jean-Marc Ligny)
Mais on sort du sujet…
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par sill valt » jeu. 10 nov. 2016, 01:11

nano a écrit : Quelques lectures s'imposent.
Rajoute les films aussi. :wink:
Et les séries TV de cette époque comme "The Starlost" (1973) de Harlan Ellison qui développe quasiment la plupart des idées évoquées ici.
En même temps c'est la thématique qui veut ça...

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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par brennos » jeu. 10 nov. 2016, 01:53

Il y avait aussi la série TV Cosmos 1999. :pouce:
L'homme est l'espèce la plus insensée ! Il vénère un dieu invisible et massacre une nature visible, sans savoir que cette nature qu'il massacre est ce dieu invisible qu'il vénère !
Hubert Reeves

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34 Caméra : 1 - 16 - 20 - 73 - 77
Humanité dimanche années 50 à 75


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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Tovenaar » jeu. 10 nov. 2016, 01:56

brennos a écrit :Il y avait aussi la série TV Cosmos 1999. :pouce:
L'"arche" étant la Lune sur laquelle avait été bâtie la base Alpha.
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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Nutello » sam. 03 déc. 2016, 15:18

Petit complément

Bonjour,

Gérard Thomassian vient de me révéler l'identité du dessinateur Wieth.

De son vrai nom, il s'agit d'un certain Paolo Morisi.
http://www.bibliotecasalaborsa.it/conte ... php?ID=587

Sa grande oeuvre semble être une série nommée Comandante Mark.

Il a aussi travaillé avec Tiziano Scalvi sur un album intitulé "Archivio Zero"
http://www.comicsblog.it/post/933/kappa ... hivio-zero
morisi6.jpg
morisi2.jpg
morisi3.jpg
morisi5.jpg
morisi5.jpg (39.76 Kio) Vu 1833 fois
Il a aussi travaillé sur Zara / Zora.

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Re: Lecture d’un récit – "La Grande Odyssée" dans Antarès

Message par Tovenaar » sam. 03 déc. 2016, 16:14

Nutello a écrit :

Gérard Thomassian vient de me révéler l'identité du dessinateur Wieth.

De son vrai nom, il s'agit d'un certain Paolo Morisi.

Sa grande oeuvre semble être une série nommée Comandante Mark.

C'est-à-dire Capt'ain Swing !
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