Umberto Manfrin

De Pimpf Wiki
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

UMBERTO MANFRIN alias Manberto est né le 29 septembre 1927 à Udine.


Manfrin.gif


Enfant, à Noël, lorsque son père rapportait à la maison les énormes paquets de cadeaux, il récupérait toutes les cartes de vœux en bristol pour les transformer en diaporamas de grandes batailles pleines de soldats de papier. Il a fait le lycée classique à Milan mais les études ne le passionnaient pas. Il entre alors à l'Académie de Brera dans la section « scénographie et décors ». Mais il abandonne aussi cette matière car l’enseignement était seulement théorique alors qu'il aurait préféré des cours pratiques et une relation plus directe avec le théâtre. L'unique expérience gratifiante qu’il en ait retiré, dit-il, était de fréquenter le café Brera où il a côtoyé des gens qui connurent par la suite leur heure de gloire. C'est à cette époque que pour plus de commodité il commence à utiliser le surnom de Manberto.

Il arriva à la bd par hasard. En réalité, selon ses dires, il voulait faire du théâtre mais un jour, une amie dont le frère dessinait des fumetti, lui ouvrit les yeux sur ce monde entièrement nouveau pour lui. "Bien sûr, je connaissais les dessins de personnes comme Jacovitti ou Walter Faccini et je les appréciais beaucoup, mais de là à penser que je pouvais en faire mon métier..." Il réalisa alors quelques planches et se mit à faire le tour des nombreuses maisons d'édition milanaises de l’époque. En 1952, il débarque chez Giusepe Caregaro, directeur de la maison d’édition Alpe pour qui travaillaient nombre de grosses pointures comme Rebuffi, Faccini ou Bottaro. Il est reçu par le directeur éditorial de la maison et factotum de Caragaro, Leonello Martini. Quand ce dernier vit les planches de Manfrin, il s'exclama: " Madonna, mais qu'est-ce que c'est ça?". "Ce ne fut pas un début encourageant " reconnut Manberto. La chance est que quelques temps auparavant étaient arrivés Rebuffi, Bianconi et Renzi qui avaient révolutionné la maison par un remodelage des différents personnages d'Alpe. A tel point par exemple que Pipo et Concombre eurent très vite un grand succès et qu’il fallait absolument fournir de nombreuses histoires aux jeunes lecteurs avides et impatients. Caregaro embaucha donc Manfrin en le mettant à l'essai sur une historiette de 4 planches, ce dont il s’acquitta en 2 jours, à la grande satisfaction de l’éditeur et c’est ainsi qu’il fit son entrée dans l'équipe. Il dessina alors Pipo et Concombre conjointement avec Rebuffi, sur des scénarios de Roberto Renzi et chacun apportait des idées qui étaient ensuite discutées, puis esquissées et enfin mises en chantier.

Un jour, le Directeur proposa à Renzi de réaliser « quelque chose qui s'allonge et se raccourcit ». Renzi et Rebuffi, inspirés par le héros américain Plastic Man, planchèrent sur le sujet, firent des esquisses et c'est alors que naquit Elastoc (Tiramolla), « le fils de la colle et du caoutchouc ». Très rapidement, Rebuffi, submergé de travail et davantage intéressé par ses personnages Fox le shérif et Pougatchoff confia Elastoc à Manberto. Celui-ci le modifia graphiquement en recomposant le chapeau haut de forme, en lui adjoignant des mains plutôt que des gants et 5 doigts plutôt que 4, en modifiant les chaussures et en ajoutant un nœud papillon au personnage qui connut rapidement un grand et inattendu succès, la revue tirant à 90 000 exemplaires. Et la longue carrière d'Elastoc pris forme pour s’étendre sur plus de 25 ans et environ 12000 planches. Elastoc eut même son titre bien à lui et donna naissance à des dessins animés à succès. Avec le temps, Manberto écrivit également des histoires d'Elastoc et enrichit son univers de personnages secondaires tels l'Ammiraglio, une espèce de corvidé au grand bec, Ullao, un chien parlant et bipède qui suite à sa popularité vivra ses propres aventures, le valet Laflèche, le neveu Chewingum, le bandit masqué et parfois invisible Mister Magic et encore bien d'autres... A l’époque, entre ses histoires pour Gaie Fantaisie, Cucciolo et Tiramolla et les couvertures, Manfrin produisait alors une demi-douzaine de planches par jour !

Par ailleurs, il collabora avec Kauka Verlag en 1968, pour le marché allemand sur sa série, très populaire outre-rhin, Fix und Foxi. En 1970, il signa une parodie Napoleone pour la revue homonyme de l’éditeur Teco (avec l’aide de Mantelli et Cabella).

Dans les années 70, il a adapté plusieurs personnages de Hanna et Barbera comme Les Pierrafeu (Gli Antenanti), Alcibiade (Svicolone) et Roquet-Belles-Oreilles (Braccobaldo) (qu’il avait déjà dessiné pour Mondadori) pour l’agence Il Soldatino de Vezio Melegari (principalement dans le Corriere dei piccoli) et il a dessiné Tony Spazzola pour le Corriere dei Piccoli.

Par ailleurs, il collabora brièvement avec Bianconi sur Félix le chat à partir de 1974 (publié en France par la SFPI), le Chat Mic (Gatto Michelone), publié en France dans Bimbo Nouvelle Série (SFPI) et Devy Crock, une parodie de Davy Crockett (publiée chez nous par la SFPI dans de nombreux pockets et par Lug dans Pipo sous le titre de Davy Crock).

Il dessina aussi Bozo le clown (Il pagliaccio Bozo) pour un éditeur anglais en 1973. A la fin des seventies, il a multiplié ses collaborations : Smack, La Banda, Piu (pour lequel il créé Bosco e Golfo ainsi que Gatto Igor avec Roberto Renzi Lanciostory (Playsport), etc.

Pendant 24 ans, il a aussi produit Rob e Stalli à partir de 1977 (textes de Gazzarri, Crivellaro et lui-même) pour Il Corriere degli alleanzini.

Dans les années 90, il participe à la reprise du personnage de Tiramolla (Elastoc) et collabore sur Topo Gigio, d’après une souris de dessin animé très populaire en Italie.

UMBERTO MANFRIN est décédé le 28 février 2005 à Milan.

Liens externes

  • cartoomics 2002-If edizioni
  • afnews, www.lfb.it/fff/fumetto/aut/m/manfrin.htm
  • www.lambiek.net/manfrin_umberto.htm
  • www.inkonline.info/manfrin.htm

Auteurs de l'article

  • Jean-Yves Guerre et Fabrice Castanet